Observations

Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 13:45

Eric Woerth, ancien Ministre du Budget de la "République irréprochable" qu'avait promis Nicolas Sarkozy en 2007, ancien Trésorier de l'UMP, a été mis en examen avant-hier pour trafic d'influence passif, et hier pour recel d'une somme de 150 000 € en liquide, qui aurait pu servir au financement illicite de la campagne du Président de la République en 2007 selon l'ex-comptable de Liliane Bettencourt.

En toute logique, ces mises en examen aurait dû être décidées par le Procureur Philippe Courroye mi-2010, au début de l'affaire. Mais nous sommes là au coeur du débat sur l'indépendance du Parquet vis-à-vis du pouvoir en place, surtout lorsqu'il s'agit de la mise en cause de membres de ce pouvoir. Après moultes péripéties dont les suites sont encore en cours, cette affaire a due être dépaysée de Nanterre à Bordeaux en novembre 2010. Et ce sont finalement des juges d'instruction, juges indépendants, qui ont prononcé cette semaine ces mises en examen, plus d'un an et demi après la révélation de l'affaire. Rappelons au passage que le Président de la République avait annoncé début 2009 qu'il comptait supprimer cette fonction de juge d'instruction. Et rappelons également que suite aux réactions provoquées à l'époque, il s'était engagé en juillet 2010 à légiférer sur les conflits d'intérêt avant la fin de la mandature, ce qui n'aura finalement pas lieu (cliquer ici pour lire notre article à ce sujet ).

Mais depuis novembre 2010, le volet financement illicite de parti politique et trafic d'influence de cette affaire Woerth-Bettencourt semblait rester au point mort. C'est pourquoi le Conseil d'administration d'Anticor avait décidé en décembre dernier de déposer ce mois-ci une plainte avec constitution de partie civile à ce sujet, afin de jouer le rôle de l'aiguillon citoyen qui semblait manquer à cette partie de l'enquête. Or il se trouve que depuis la toute récente décision de la Cour de cassation, qui permet définitivement d'utiliser les enregistrements "pirates" de conversations au domicile de Liliane Bettencourt comme éléments de preuve, cette information judiciaire démarre réellement sans perdre de temps, avec une certaine intensité et de façon clairement indépendante. Il est donc vraisemblable que nous n'ayons finalement pas – sauf mauvaise surprise – à nous porter partie civile dans cette affaire, en application de nos principes d'intervention en justice que rappelait Eric Halphen, notre Président d'Honneur, lors de notre assemblée générale du 28 janvier dernier (voir vidéo sur la page d'accueil de notre site ).

Il semble que  semble que la qualification de "recel" retenue par les juges permette d'éviter l'écueil de la prescription, qui aurait pu être opposée à celle de financement illicite de parti politique. A ce stade, le respect de la présomption d'innocence s'impose pour Eric Woerth, sachant qu'on ne fait référence à la présomption d'innocence que lorsqu'il y a suspicion de culpabilité. 

Mais encore une fois, la démonstration est faite qu'en France actuellement, seule une justice indépendante peut éclaircir les zones d'ombres des affaires politico-financières, sans suspiscion de pression du pouvoir en place. A méditer pour tous les projets présidentiels se mettant en place actuellement…

 (Si vous souhaitez soutenir Anticor et ses actions, ré-adhérez pour 2012 si vous ne l'avez pas encore fait ou faites un don en ligne sur le site d'Anticor) 

Par Anticor - Publié dans : Observations
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 10:03

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Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 06:43
Yssingeaux (Haute-Loire), 20 jan 2012 (AFP) Le socialiste Arnaud Montebourg, envoyé vendredi par François Hollande auprès des ouvrières de Lejaby en Haute-Loire, dont l'usine ferme, a critiqué un gouvernement qui, a-t-il dit, n'a "rien fait" pour empêcher la "désindustrialisation" du pays. "Nous avons perdu en cinq ans 750.000 emplois industriels, nous avons vu fermer en trois ans 900 usines. Les dégâts sont considérables, le gouvernement n'a rien voulu faire", a-t-il dénoncé devant la presse, après la visite de l'atelier d'Yssingeaux, qui était le dernier du fabricant de lingerie en France. "Le président de la République est allé dans les usines il y a cinq ans, il a pris les voix des ouvriers et a fait la politique des banques", a-t-il poursuivi, déplorant que le pays se soit "désindustrialisé". Le PS propose de "mieux se protéger contre la concurrence mondiale déloyale, mieux se protéger contre les +patrons voyous+, contre les prédateurs qui reprennent des entreprises pour obtenir des marques et disparaissent pour aller produire ailleurs". M. Montebourg, élu de Saône-et-Loire, visait le repreneur de Lejaby, Alain Prost, désigné mercredi par le tribunal de commerce de Lyon, qui garde 194 des 450 salariés en France, au siège à Rillieux (Rhône), et va produire à l'étranger. "On a trouvé beaucoup d'argent pour financer le système financier en déroute. On ne trouve jamais d'argent pour financer la réindustrialisation de notre pays", a regretté le candidat aux primaires du PS, chantre de la démondialisation, entouré des quelque 90 salariés de l'atelier qui l'ont vivement acclamé.
Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 12:35
30 décembre 2011 | Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg La question vaut son pesant d'or: lorsque Nicolas Sarkozy discourt à Toulon devant 5.000 sympathisants, le 1er décembre, est-il chef de l'État ou candidat? Aux yeux des socialistes, c'est un pur «meeting» électoral, dont le coût doit être supporté par l'intéressé, non par le contribuable. Mais pour l'Élysée, Nicolas Sarkozy n'est toujours pas entré en campagne et ne fait là que son métier: «présider». Pourquoi lui faire payer la note? Pour sa part, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a tranché la question du caractère partisan -ou non- d'un tel déplacement. D'après des chiffres inédits communiqués à Mediapart, l'autorité administrative indépendante chargée de contrôler la répartition des temps de parole entre l'opposition et la majorité dans les médias, a considéré que la plupart des propos tenus par Nicolas Sarkozy à Toulon relevaient du pur «débat politique», et qu'une minorité correspondait aux fonctions régaliennes du chef de l'État: 30 minutes d'un côté, 21 minutes de l'autre. De quoi alimenter les critiques socialistes sur les dépenses d'aménagement du Zénith, payées rubis sur l'ongle par l'Élysée. Meeting de Toulon, devant 5.000 personnes, le 1er décembre.© (dr) Depuis le 1er septembre 2009, en effet, le CSA décortique tous les propos télévisés de Nicolas Sarkozy et les classe en deux catégories: d'un côté, les phrases liées à sa fonction d'arbitre, de chef de guerre ou de garant de l'indépendance nationale, qui ne sont pas décomptées; de l'autre, les déclarations qui s'inscrivent dans le «débat politique national» et sont ajoutées au temps de parole de la majorité. Avant 2009, aucune parole présidentielle n'avait jamais été prise en compte, au motif que la Constitution place le chef de l'État au-dessus des partis. Si le CSA a mis fin à cette sorte d'“immunité verbale”, c'est sous la contrainte du conseil d'État, qui a considéré dans un arrêt d'avril 2009 que les «interventions» du chef de l'État ne pouvaient plus «être regardées comme étrangères, par principe et sans aucune distinction (...), au débat politique national». Depuis que le verbe présidentiel est ainsi placé sous surveillance, 52% des propos de Nicolas Sarkozy ont été considérés comme relevant du “débat national”, 48% du “régalien”, d'après des chiffres inédits communiqués par le CSA à Mediapart. En résumé, Nicolas Sarkozy s'exprime plus souvent en homme politique partisan qu'en chef de l'État neutre et impartial. Pour Christine Kelly, membre du Conseil en charge du pluralisme, «le distinguo se fait sans difficulté»: «Quand on s'assoit et qu'on écoute, la répartition saute aux yeux; c'est sans ambiguïté. D'ailleurs, les chaînes et les radios font en général le même décompte que nous, à 1 ou 2% près.» Cette statistique de 52%, les socialistes pourraient s'en emparer dès la rentrée, pour insister sur le caractère partisan des déplacements présidentiels et réclamer que leur coût soit, au moins en partie, assumé par Nicolas Sarkozy en personne plutôt que par l'Élysée. Le 19 décembre, déjà, lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur le financement de la campagne présidentielle, ils ont encouragé la commission chargée du contrôle des comptes de campagne (la CNCCFP) à s'inspirer de l'attitude du CSA et à considérer, elle aussi, que les interventions de Nicolas Sarkozy n'étaient «pas réductibles» à ses missions d'arbitre, loin de là. À la tribune, le député Jean-Jacques Urvoas a prôné un «parallélisme des formes» entre les deux autorités. Très grossièrement: si 52% des propos de Nicolas Sarkozy sont jugés partisans, pourquoi ne pas facturer 52% du coût de ses déplacements à l'intéressé? L'«équité» à partir du 1er janvier À partir du 1er janvier, date à laquelle «l'équité» des temps de parole entre candidats à la présidentielle devra être respectée sur les radios et télés, le CSA va même considérer Nicolas Sarkozy comme un «candidat présumé» et le traiter comme ses concurrents «déclarés» – tous les propos de ses soutiens seront comptabilisés. «Nous n'attendons pas qu'il soit officiellement dans la course, explique Christine Kelly. Pour le CSA, ça ne change rien qu'il se déclare en décembre, janvier ou mars.» La définition de «candidat présumé»? «Celui qui recueille des soutiens publics significatifs en faveur de sa candidature.» Du côté de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, chargée de contrôler les comptes des candidats une fois le scrutin terminé et de vérifier qu'ils prennent bien à leur charge l'intégralité des frais engagés pendant leur campagne, on a une tout autre vision. «En principe, c'est la déclaration publique de candidature, ou le cas échéant l'investiture par une formation politique, qui est considérée comme marquant pour un candidat le début des opérations (financières)», explique le président de la Commission dans un courrier, en réponse au PS qui accuse Nicolas Sarkozy de mener campagne aux frais de l'Élysée. Avant cela, «en principe», aucune dépense ne peut lui être imputée. La CNCCFP, tout de même, prévoit des exceptions à son principe. Certaines dépenses de Nicolas Sarkozy antérieures à sa déclaration de candidature, liées à ses multiples déplacements en province, devront ainsi être insérées dans son compte de campagne: chaque fois qu'il «est amené à exposer les éléments d'un programme». La Commission se laisse une sacrée marge d'appréciation… En 2002, elle avait réintégré une partie des coûts relatifs à cinq réunions publiques préalables à la déclaration de candidature du président Chirac. Celui-ci avait en effet “omis” de les déclarer dans son compte – sans doute pour s'assurer qu'il ne dépasserait pas le plafond de dépenses autorisées. La Commission, cependant, n'avait comptabilisé que quelques milliers d'euros. D'après les socialistes (qui ne disposent d'aucun chiffre fiable à ce stade), le meeting de Toulon de Nicolas Sarkozy pourrait avoir coûté plusieurs centaines de milliers d'euros.
Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 22:06

Le candidat Sarkozy a parlé d’urgence et de peur. La peur c’est lui, parce qu’il a aggravé la crise et le chômage. L’urgence, c’est de changer de président en 2012, pour agir vraiment. Les Français n’acceptent plus les effets d’annonce et les promesses non tenues. Le candidat Sarkozy n’a tenu aucune des 10 promesses du discours de Toulon de 2008, il s’est contenté de les répéter. Depuis 2007, le candidat Sarkozy a fait 75 discours sur la crise. Pour quel résultat : une crise toujours plus grave En dénonçant la retraite à 60 ans et les 35 heures, le candidat Sarkozy annonce qu’il fera payer les retraités et les salariés et que ceux qui s’enrichissent dans la crise restent intouchables. Pour agir vraiment avec 5 solutions efficaces, que propose François Hollande : - La réforme bancaire et celle de la Banque Centrale Européenne, - La relance de l’activité économique notamment celle des PME, - La taxe sur les transactions financières, - L’éradication des Paradis fiscaux, - Le renforcement du fonds de stabilité financière.

Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 13:46

Le triple H de la honte


HONTE N°1 : "La France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide." Nicolas Sarkozy en 2007, à Caen, lors d'une réunion de campagne.

 

HONTE N°2 : "Merkel, un Bismarck en jupons", article publié par Yves Thréard le 19 mai 2010 dans le Figaro, organe officiel de l'UMP. Aucun cri d'orfraie ni au gouvernement, ni chez les perroquets, ni à l'Elysée.

 

HONTE N°3 : "Les paroles qui ont été entendues déconsidèrent ceux qui les ont prononcées, à l'endroit de nos amis. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire que cela.". Nicolas Sarkozy le 5 décembre 2011 lors d'une conférence de Presse tenue à Berlin en compagnie d'Angela Merkel.
Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 15:11

Lu dans le Monde daté du 2/12

Le PDG de Publicis, Monsieur Lévy, renonce à son salaire fixe et se contentera en  2012 des seuls éléments variables....

Pardi ! c'est par le haut de la pyramide du personnel qu'il faut réaliser des économies salariales et non pas au niveau des jeunes ni des smicard qui consomment tout ce qu'ils gagnent et font ainsi marcher les commerces.

Rajoutons que les économies suivantes sont à faire sur l'immobilier d'entreprise (sièges sociaux ou bureaux hors de prix) et sur le parc automobile (berlines allemandes et véhicules ostentatoires).
 
Comme  aucune réduction du coût du travail depuis 1995 n'a suffit à ce jour, les économies étant parties en dividendes et Top management, ce sont là les voies de la compétitivité future des entreprises françaises.

Vous avez dit management par objectifs ?

                       

Salut et Fraterntié 

Georges

Par Georges Villeneuve - Publié dans : Observations
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 10:32
Le candidat Sarkozy a parlé d’urgence et de peur. La peur c’est lui, parce qu’il a aggravé la crise et le chômage. L’urgence, c’est de changer de président en 2012, pour agir vraiment. Les Français n’acceptent plus les effets d’annonce et les promesses non tenues. Le candidat Sarkozy n’a tenu aucune des 10 promesses du discours de Toulon de 2008, il s’est contenté de les répéter. Depuis 2007, le candidat Sarkozy a fait 75 discours sur la crise. Pour quel résultat : une crise toujours plus grave En dénonçant la retraite à 60 ans et les 35 heures, le candidat Sarkozy annonce qu’il fera payer les retraités et les salariés et que ceux qui s’enrichissent dans la crise restent intouchables. Pour agir vraiment avec 5 solutions efficaces, que propose François Hollande : - La réforme bancaire et celle de la Banque Centrale Européenne, - La relance de l’activité économique notamment celle des PME, - La taxe sur les transactions financières, - L’éradication des Paradis fiscaux, - Le renforcement du fonds de stabilité financière.
Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 01:23
  La tâche du SAMU Social est pourtant immense. Le nombre d’appels au 115 se fait chaque année plus importante. Entre l’hiver 2008-2009 et 2009-2010, l’augmentation du nombre d’appels a été de 64%. 18 350 personnes ont été hébergées, pour un total de 1 550 500 nuitées, soit une augmentation de 6% pour les personnes isolées et de 16% pour l’hébergement d’urgence de familles par rapport à l’année 2008. Dans le même temps, le budget du SAMU social s’est réduit comme peau de chagrin avec en point d’orgue la décision prise par l’état de diminuer les crédits alloués de 24%. Les conséquences sont immédiates : l'an dernier, ces fonds ont couvert 9 364 nuités par jour sur l'année. Avec une telle diminution, seules 7 100 nuités par jour pourraient être financées alors qu’on estime à 13 000 le nombre de places d’hébergements d’urgence manquantes pour la seule Ile-de-France. C’est sur le terrain que les conséquences de cette politique de coupes budgétaires sont les plus dramatiques. Privées d’hébergement d’urgence, sans solutions de relogement, ce sont désormais des familles entières que l’on voit arriver dans les services d’accueil des urgences des hôpitaux, notamment des jeunes, des mères isolées ou des retraités aux pensions trop faibles… Alors que notre pays peut compter sur les forces vives de nombreux acteurs associatifs très organisés et très compétents, il y a là une double trahison d’un Etat qui se repose sur ce tissu associatif pour l’action et en profite pour se désengager financièrement. Nous sommes très loin de la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy qui, le 18 décembre 2006, dans un discours à Charleville-Mézières avait annoncé « Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. » La mise en concurrence de l’hébergement d’urgence et des solutions de logements durables selon l’idée anglo-saxonne du « housing first » relève d’une idéologie dangereuse. Alors que le système d’accueil de l’urgence sociale est au bord de la rupture, une politique équilibrée doit s’appuyer sur ses deux jambes : l’hébergement d’urgence comme reprise de contact avec le système d’aide sociale avec pour perspective un logement durable le plus rapidement possible. Faire des économies sur la misère humaine est immoral et irresponsable. La situation n’est plus gérable aujourd’hui. Non seulement les plus démunis sont laissés à l’abandon, mais en plus, la politique du gouvernement met à sac le travail extraordinaire des bénévoles et professionnels de l’action sociale au service des exclus. C’est la fabrique du découragement. Comment une société peut-elle se regarder en face si elle n’est pas capable de tendre la main vers les plus démunis ? Il ne s’agit pas de promettre monts et merveilles, mais simplement de s’engager dans une politique pérenne en faveur des plus pauvres, construite sur un compromis national et menée tout au long de l’année. Les moyens doivent être assurés et l’Etat doit être le garant de la coopération des différents opérateurs privés et publics. La nation France est capable de cette solidarité élémentaire et incompressible. La balle est dans le camp du gouvernement pour que l’acte de Xavier Emmanuelli ne soit pas vain.
Par Des idées et des rêves - Publié dans : Observations
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 08:26

Analyse (rendue anonyme) de la situation de l'Education Nationale par un ou une candidat(e) aux présidentielles.

Seul indice, Il/elle n'est pas UMP. Alors, qui est-ce ?

 


 

1) L'Ecole en danger, c'est la République en danger

Pas d’égalité républicaine sans école dispensant à chaque enfant le bagage de savoirs, de savoir-faire et de savoir être nécessaire à chaque époque.

Quand la République manque à sa promesse scolaire, c’est tout l’édifice qui vacille à perte de confiance dans les institutions, dans les adultes (ceux d’avant n’assument pas leur responsabilité à l’égard de ceux d’après), dans la valeur de l’effort et du mérite, dans l’avenir (la déception ou la défiance scolaire nourrit le pessimisme des jeunes et des parents pour leurs enfants)

C’est vrai dans tous les pays mais en France beaucoup plus qu’ailleurs car l’école de la République est un fondement de la nation (de l’identité nationale bien comprise).

 

2) Le premier gisement de croissance d’un pays, c’est son école.

La dépense éducative n’est pas un surcoût à éradiquer par tous les moyens mais le premier des investissements productifs. Cette dépense doit être rentable mais sa rentabilité, c’est la formation effective des générations appelées à prendre le relais et à redresser la France.

Ce n’est pas l’éducation nationale qui coûte cher à la France, c’est l’échec scolaire et son aggravation par les politiques destructrices et à courte vue.

De nombreux travaux d’économistes le montrent : des politiques scolaires socialement élitistes inhibent la croissance et sacrifient des chances de développement. C’est en développant son enseignement primaire et secondaire que la France a, dans les 30 Glorieuses, rattrapé son retard de productivité sur les Etats-Unis.

 

3) La paupérisation programmée de l'école.

Optimiser la dépense éducative, ce n’est pas la sabrer aveuglément ! Former les enseignants, ce n’est pas un luxe (enseigner serait le seul métier qui ne s’apprendrait que sur le tas ?), c’est une nécessité.

On ne restaure pas l’autorité des maîtres en affichant l’obsession d’en réduire le nombre, en précarisant la profession à coups de vacataires mal payés. On ne lutte pas efficacement contre les incivilités et les violences scolaires en rendant de plus en plus précoce le tri sélectif d’une école de plus en plus élitiste, en diminuant les taux d’encadrement et la présence adulte dans les établissements.

 

4) Aucune fatalité : d’autres pays comparables font mieux que nous sur le double plan de la réussite scolaire globale (totalité d’une classe d’âge) et de l’atténuation de l’impact de l’origine sociale sur les résultats scolaires. Pas seulement la petite Finlande mais aussi le Canada ou la Corée du Sud.

L’erreur majeure de l’éducation en France (pointée par toutes les comparaisons internationales, la Cour des Comptes, l’Institut Montaigne, etc.) = dissocier la réussite d’une élite scolaire et celle du plus grand nombre.

Résultat?

Une élite certes performante mais plus étroite qu’ailleurs (et une moindre mobilité sociale) et 15% à 20% d’une classe d’âge en grande difficulté scolaire puis professionnelle. Un facteur d’appauvrissement collectif. Un gâchis qui affaiblit le pays dans la compétition mondiale. Un élitisme contre-productif et fauteur de violences (quand la règle est vécue comme faussée et l’échec comme assuré, il ne reste souvent que la transgression pour sauver la face).

 

5) Les jeunes ne sont pas dupes du message anti-éducatif du pouvoir actuel

Comme leurs parents et comme leurs enseignants, ils perçoivent la gravité de l’entreprise de destruction en cours.

Ils ne sont pas dupes des mensonges sur l’égalité des chances et la fausse lutte contre l’échec scolaire, qui accentuent à leurs yeux la disqualification de la parole politique.

Ils décodent avec lucidité le double langage et les actes de ceux qu’ils appellent des « double face ».

 

6) Il n’y a pas 2 jeunesses, l’une qui serait vouée à la réussite et l’autre qui serait condamnée à l’échec

Il n’y a qu’une jeunesse de France, quelle que soit l’origine ou la profession de ses parents, l’endroit où elle habite, la couleur de sa peau ou les ressources de sa famille, la diversité de ses parcours de formation.

A cette jeunesse, l’école de la République doit les moyens de réussir ses études et la France des raisons de le vouloir. C’est à ces conditions que la société peut être exigeante pour ses enfants et donner à chacun le goût de se dépasser.

Les armes du savoir ne sont pas seulement nécessaires pour trouver un emploi ou le créer (rôle de la qualification mais aussi de la confiance en soi et de la capacité d’initiative, domaines dans lesquels les jeunes Français ne caracolent pas en tête alors que, pourtant, ils débordent d’énergie, d’idées, de projets): elles sont aussi nécessaires pour comprendre le monde, s’y inscrire et agir sur lui = citoyenneté active.

Par Vincent Guibert - Publié dans : Observations
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